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Eyeborgs

TITRE: Eyeborgs

REALISATEUR: Richard  Clabaugh

ACTEURS PRINCIPAUX: Adrian Paul, Danny Trejo, Megan Blake, Luke Eberl

GENRE: science-fiction

ORIGINE: américain

ANNEE: 2009

DUREE: 1h40

 

Le Big Brother de George Orwell ne cesse d’être une source d’inspiration pour les scénaristes de films de science-fiction. Et pour cause, le développement des technologies actuelles rend la menace cybernétique bien plus crédible qu’à l’époque où l’auteur publia son œuvre majeure.

 

Eyeborgs fait partie de ces long-métrages inspirés par Orwell et traite d’une société proche de la notre dans laquelle le gouvernement américain se sert de la menace terroriste pour faire promulguer plusieurs lois autorisant l’usage de robots-caméra afin d’observer les moindres faits et gestes de tous les citoyens de la nation. Même si ces machines permettent de faire échouer des actes terroristes, leur omniprésence qui se fait de plus en plus intrusive révolte certains citoyens. C’est dans cette atmosphère que l’officier Reynolds arrête un homme qui lui raconte sa théorie du complot. Le policier se retrouve après cet événement dans une affaire obscure qui ne semble pas impliquer uniquement des humains. Les robots sont-ils réellement là que pour nous protéger ?

 

Ce genre de scénario offre l’opportunité d’amener le spectateur à une réflexion sur les technologies, le pouvoir et la manipulation, avec l’ardant débat de la balance entre liberté et sécurité ; jusqu’où seriez-vous prêt à céder votre liberté à une entité comme le gouvernement pour assurer votre sécurité ? Le tout avec en toile de fond de l’action.

Hélas Eyeborgs ne parvient pas à s’extirper de la violence primaire pour nous faire véritablement réfléchir. En effet, des hommes affrontent des robots mais ça ne va pas plus loin. Il n’y a pas une vue d’ensemble de la situation qui puisse illustrer l’ampleur de la menace.

 

Le scénario manque d’ambition et fait preuve d’une absence étonnante de cohérence ; un homme qui est accusé du meurtre d’un individu et de la destruction d’un eyeborg se voit menacé de prison pour les dommages causés au robot tandis que le meurtre de l’humain n’est même pas mentionné lors de l’interrogatoire et ne semble intéresser aucun officier de police.

 

Il faut ajouter à cela la médiocre performance des acteurs. On retrouve ainsi Adrian Paul (Highlander) qui semble incapable de jouer autre chose qu’un gros dur prêt pour la castagne. En effet, il crée un flic qui n’a de la répartie que lorsqu’il s’agit de violence. Ce qui met à mal la moindre chance d’élever la réflexion. Mais il n’est pas le seul à mettre en cause pour cela. C’est l’ensemble des acteurs qui joue au feeling, en exagérant les passages clichés. De plus les policiers sont peu dégourdis durant les scènes d’action. Toutefois l’apparition de Danny Trejo (alias Machete) fera sourire.

 

Les effets spéciaux sont aussi un point faible du film. Le rendu est très variable. Les scènes où l’on ne voit que des eyeborgs sont correctes mais dès qu’il y a interaction entre les acteurs et les eyeborgs, le résultat est médiocre. On remarque clairement que les acteurs se battent dans le vide. J’ai d’ailleurs remarqué un oubli au montage : un prisonnier tombe et s’empale sur une patte dressée d’un eyeborg qui finit par casser et le faire glisser au sol. Il a alors le ventre transpercé par le morceau de métal. Pourtant dans le plan suivant, cette patte a disparu de son ventre, malgré sa taille considérable et elle n’est plus non plus sur la statue. C’est tout de même un oubli flagrant.

 

L’une des causes probables des défauts d’Eyeborgs est sûrement le budget de 3,7 millions de dollars. Avec des moyens aussi réduits, la production aurait dû se concentrer sur le script plutôt que sur des effets spéciaux ratés. L’intrigue du film aurait ainsi été plus captivante et le fait de ne pas recourir à de grands effets spéciaux aurait incité à travailler plus dans l’implicite et l’insinuation, ce qui aurait pu accentuer le danger invisible que représentent les machines.

 

Un film de série B sans intérêt réel. Je vous conseille plutôt I, Robot sorti en 2004 avec Will Smith dans le rôle principal, qui sert un scénario énergique avec une réalisation soignée. Pour ceux qui voudront une réflexion plus approfondie sur l’avenir des technologies et leurs dangers, regardez Blade Runner, produit en 1982, dans lequel Harrison Ford traque des robots devenus hors-la-loi.

 

Pierre

 


par freedolphinentertainment

 



20/04/2012
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